Le Privilège, un nouveau resto sur la Croisette
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Christian Estrosi dans la peau du chef de l'Etat en 2017. Le récit romancé d'un destin supra-national. Hyper Fiction politique (suite) en exclusivité pour Hyperlocalnews.fr.
Que sous-entendait donc Nicolas Sarkozy ce jour là ? La réplique ne pouvait être tout à fait anodine dans le contexte de l'époque et quelque chose d'inhabituel avait intrigué les témoins de la scène. Deux d'entre eux le confieront d'ailleurs quelques années plus tard, ce qui les avait frappé sur le coup c'était le sourire embarrassé du maire de la ville. Une de ces expressions que l'on peut difficilement dissimuler. Et ce fameux jour, pendant quelques secondes, on aurait cru que Christian Estrosi avait relâché son attention. Perdu dans ses pensées, il avait été traversé, très furtivement, par une de ces idées qui vous hantent pour longtemps. Le message était on ne peut plus clair. Son sort était en quelque sorte scellé. Il ne pouvait plus reculer.
Ce jeudi 3 avril 2014, en pleine campagne pour les élections municipales, le quotidien gratuit Nice Matin publie les résultats d'un sondage exclusif donnant le maire favori devant son rival socialiste. "Patrick Mottard crédité de 33% des intentions de vote. 45% pour le chef de l'UMP départementale". Bien que programmé depuis toujours pour livrer les combats les uns après les autres, Christian Estrosi était déjà projeté, malgré lui, dans l'après scrutin. Coup de pression inattendu. Cette élection, il fallait la remporter... et le plus largement possible. Trois ans après avoir perdu son portefeuille ministériel, la perspective de revenir sur le devant de la scène nationale allait lui donner des ailes. D'autant plus qu'il pouvait compter sur l'appui de son mentor. Nicolas Sarkozy le lui avait assuré quelques minutes plus tôt, ils avaient à peine quelques mois pour reprendre la main au sein de la famille UMP.
L'EPREUVE
Comme prévu, la bataille des municipales est un succès pour la droite. Christian Estrosi est réélu dès le premier tour. Son second mandat, il l'avait promis, serait placé sous le signe de l'accélération. Elargissement des restrictions de circulation à l'ensemble de la ville, instauration d'un péage urbain aux entrées de l'agglomération et renforcement des dispositifs de sécurité. La mesure phare étant de quadriller les quartiers par davantage de policiers de proximité. Quant au cap du millier de caméras de surveillance, il devrait être dépassé sous peu. L'observatoire de la sécurité, autrement dit le centre nerveux de la cyber surveillance était devenu une référence dont certaines grandes villes européennes se sont inspirées. Ces dernières années, la plupart des résidents niçois se sont comme convertis à cet état de fait. Quelques mois plus tôt, une majorité de votants avait accepté par référendum la possibilité de raccorder au QG de la police les systèmes de surveillance installés dans les copropriétés privées.Nice était devenu un fabuleux laboratoire. Presque une ville de science fiction.
En ce printemps 2014, la capitale de la côte d'azur affiche des résultats insolents. Délinquance jugulée, recettes en hausse. La crise de 2008 n'est plus qu'un mauvais souvenir. Des filiales chinoises et américaines spécialisées dans les nano-technologies se sont engagées à installer leur propre siège européen dans la technopole verte de la plaine du Var. Seul bémol, le coût de la vie explose d'année en année et les prix de l'immobilier ne cessent de grimper. Le gouvernement socialiste a eu beau faire voter une loi sur le plafonnement des loyers, à Nice plus qu'ailleurs, les actifs à faibles revenus sont les premiers pénalisés. S'exilant toujours plus loin dans la périphérie de la ville.
- "(...) Et plus que jamais, comme je l'ai prouvé ces six dernières années, je m'engage ce soir à être le maire de tous les niçois ! ". Applaudissements dans la salle.
Le discours est retransmis en streaming live sur les réseaux sociaux abonnés. Au pied de la scène, les reporters de chaînes nationales sont là eux-aussi. Prêts à dégainer leurs questions. Dans quelques secondes, il y en aura autant pour le maire réélu que pour sa jolie compagne bien connue des téléspectateurs. Dans l'amphithéâtre du nouveau centre des congrès, c'est l'heure de fêter la victoire. Au premier rang, un observateur de marque opine du chef. Il est accompagné de son fils : " Il a été bon, hein Jean ? ", lui glisse-t-il à l'oreille sans lâcher des yeux son poulain." Qu'est ce que t'en penses...Tu crois maintenant qu'il en est capable ? ".
HYPER FICTION politique. A suivre...
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