L'humoriste Pido sur scène, une vie en accéléré (VIDEO)
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Présidentielle de 2017. Le maire de Nice Christian Estrosi désigné candidat officiel de l'UMP. Le récit romancé d'un destin politique. Hyper Fiction (épisode 3) en exclusivité pour Hyperlocalnews.fr.
Qu'il était loin le temps où il devait se battre contre ses émotions pour trouver l'argumentation juste, la force de conviction nécessaire. L'époque de ces satanées joues qui rosissaient systématiquement dès qu'il fallait prendre la parole en public. Ce regard qui fuyait dès qu'il fallait réciter un texte appris par coeur.
Sur ses années d'apprentissage où quasiment seuls les plateaux de FR3 côte d'azur lui étaient ouverts, il jette finalement un regard attendri. Depuis, il en a parcouru du chemin. En quelques secondes, il balaie sa vie politique née sous l'ère Médecin. La complicité avec sa première épouse et la famille de celle-ci. Ses premières joutes électorales. La construction de son réseau "des vallées", sa mainmise sur la fédération départementale, sa traversée du désert et finalement son coup du sort : le choix de soutenir Edouard Balladur en 1995 et l'admiration indéfectible vouée à celui qui allait devenir son "ami" et par dessus tout, le chef de l'Etat 12 ans plus tard.
Aujourd'hui est un jour spécial. Un de plus pour celui qui enchaîne toujours les tours de pistes "la poignée dans le coin" comme on dit dans le milieu. Sa réélection à la mairie de Nice étant assurée depuis plus d'un an et fort de son nouveau mandat de député de la nation, le voilà engagé dans une nouvelle compétition. Et ça, il adore Christian. Il s'agit ni plus ni moins de s'imposer comme le candidat le plus sérieux dans la course à l'investiture UMP. Avec l'aide d'un personnage à priori encombrant mais sacrément précieux. Depuis la victoire de la gauche écolo-socialiste en 2012 et l'exil américain de Nicolas Sarkozy, les jeunes loups de l'UMP étaient sortis du bois. Ce qui n'avait pas manqué d'agacer le président sortant pour qui l'UMP, sa chose, sa création, ne pouvait se trouver un autre champion que celui de son choix. Il y avait bien eu Xavier Bertrand, mais il n'avait pas pu faire le poids face à Jean-François Coppé. Lequel n'avait jamais douté de sa capacité à incarner la relève le moment venu. Evidemment, de son expérience à la tête des parlementaires UMP, il avait su tirer habilement profit. Oui mais voilà, l'impétueux Jean-François devrait encore patienter. Trop élitiste. Trop arrogant. Coppé s'était grillé tout seul. François Fillon, usé par ces années passées à Matignon ne s'était pas senti la force d'aller plus loin. Brice Hortefeux avait lui tenté de mettre la main sur une frange du parti. Sauf que les parlementaires avaient beaucoup de mal à lui pardonner l'épisode charnière de ce qui restera dans l'histoire comme "l'été des Roms". L'ex-bras droit du Président s'était brulé les ailes au ministère de l'Intérieur. Il ne s'en relèverait jamais vraiment.
Tombé dans l'opposition, l'ancien parti présidentiel avait révélé le talent d'une personnalité au caractère bien trempé. Un autre ambitieux. Jeune quadra qui avait su constituer son propre club de réflexion : Benoist Apparu. soutenu par le clan Juppé. Mais l'ancien Secrétaire d'Etat au Logement propulsé au ministère de l'Education fin 2010 avait eu la présence d'esprit de lever le pied au bon moment, préférant attendre son tour. Sage décision qui allait lui être très utile. On lui demanderait bientôt d'assurer le rôle clé de coordinateur de campagne. La voie royale dans l'optique d'un retour aux affaires, à la tête d'un portefeuille influent.
Voilà donc la famille politique réunie au grand complet, en ce jour de deuil national. Sur les Champs Elysées, un faux air de 14 juillet, en plein hiver. Aux premier rangs de la tribune officielle, le Président Manuel Valls et son gouvernement se lèvent au passage de la calèche transportant le cercueil habillé du drapeau tricolore. Sont aussi présents deux anciens chefs de l'Etat : Nicolas Sarkozy et l'inusable Valéry Giscard d'Estaing. Tous rendent hommage à la mémoire de Jacques Chirac. Cinq jours plus tôt, l'homme politique le plus populaire dans l'opinion s'était éteint à l'hôpital du Val de Grâce des suites d'un accident cérébral. Pour la droite, c'est maintenant l'heure du bilan. Et déjà, le début de la reconquête.
En observant la scène à quelques mètres de là, Christian Estrosi se souvient d'un épisode à priori anodin. Pourquoi celui-ci et pas un autre ? Difficile à dire. C'était vaguement dans un restaurant de Nice, au printemps 1993 ou peut-ête en 94. Ou plutôt , ça se précise voilà... A "l'auberge de la Manda" sur la plaine du Var, un jour de pré-campagne présidentielle en présence de Jacques Chirac et de son équipe. Quelques dizaines de militants avaient été conviés à ce déjeuner du RPR 06 de l'époque. Au menu, cette fois c'est très précis, il y avait des petits raviolis niçois. Accompagnés de la daube traditionnelle. Ce jour là, Christian Estrosi n'avait pas particulièrement faim. Pas très à l'aise sans doute. Pour d'autres raisons, Chirac, qui enchainait les buffets, était certainement repu mais "le Patron" avait su faire honneur au repas. En lançant cette phrase qui remonte soudain à la surface : "L'appétit, c'est le moteur de notre métier. Ne jamais faire preuve de manque d'appétit en public. On ne sait jamais, ce pourrait être interprété comme une faiblesse de votre part !".
HYPER FICTION (à suivre)
Consulter l'épisode 1 De Nice à Paris : Christian Estrosi élu Président de la République
épisode 2 2014-2017 : l'ascension du maire de Nice
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