Le Privilège, un nouveau resto sur la Croisette
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Venu chercher une certaine qualité de vie, Fred espérait de Nice comme on espère du rêve américain. Au bout d'un an et demi, il quitte la capitale de la côte d'Azur pour rejoindre la capitale tout court. C'est l'histoire d'une greffe qui n'a pas pris. Entre amertume et lucidité, voici le bilan très personnel qu'il tire de ses 18 mois passés dans cette ville qu'il n'a peut-être pas su dompter. Témoignage. Attention, tout le monde va en prendre pour son grade !
QUAND FRED BALANCE
" Bye bye Nice ! ", Fred, 26 ans, est attaché de direction dans un hôtel niçois. Plus pour longtemps. Car attaché il ne l'est plus. La vie à Nice ne lui a pas plu. Il la quitte sans regrets. Sans détours, le jeune homme nous dit pourquoi. Pas sûr que ça fasse plaisir aux niçois.
NICE, PAS LA CAMPAGNE PAS LA CAPITALE
"Je suis arrivé en février 2009, je ne connaissais pas du tout Nice. Je trouvais que c'était un compromis entre la capitale et une ville pas trop petite. Cela représentait pour moi une ville à taille humaine. Avec un cadre très sympathique, un temps clément. Et des gens sympas ", explique Fred.
LES NIÇOIS
"Au premier abord, les gens paraissent très sympathiques, dit Fred. La réalité est toute autre : ils ne sont, en fait, que superficiels. L'apparence est très importante pour eux. Et les amitiés ne sont pas profondes. Juste des connaissances. Mais c'est dans le milieu professionnel que j'ai été le plus déçu. J'y ai trouvé un laxisme ambiant impressionnant. Tout est fait à l'à peu près. Et c'est comme ça, les gens font par rapport à eux, pas par rapport aux clients. Et pourtant, je travaillais dans un hôtel plutôt réputé."
LE LOGEMENT
" Comment arrive-t-on à avoir des souris dans un appartement que l'on paie 500 € par mois en plein centre de Nice ? J'ai loué mon logement via une agence immobilière. Je ne suis pas le seul locataire, apparemment, puisque je croise régulièrement des souris ou des cafards. J'ai loué un studio vide sur le boulevard Gambetta. Vide avec une machine à laver, une armoire et un frigo. Le congélateur ne marchait plus. J'ai demandé à le changer. Le propriétaire m'a dit qu'il ne le changerait pas car la partie frigo fonctionnait, donc pourquoi s'embêterait-il ?"
LA VIE NOCTURNE
" On nous prend pour des touristes ! A quelques exceptions près, nous sommes considérés comme des portefeuilles ambulants pour des prestations qui ne sont pas de qualité. Aucune présentation, aucun service. Quinze euros une pizza : c'est courant ! Sortir coûte un bras. A Lille, quatre verres de rosé coûtent seulement 13 €. Ici c'est bien plus cher. Nice se couche aussi très tôt. Des bus de nuit à partir de 20h30 avec un passage toutes les heures et un tram toutes les demie-heures. De qui se moque-t-on ? Ne sommes-nous pas dans la cinquième ville de France ? A Paris, les services de nuit débutent à minuit et demi. Enfin, les bars du cours Saleya ferment souvent trop tôt. Ils ne sont pas autorisés à aller au delà de 23 heures ou quoi ? Cet été, j'ai été obligé d'aller, avec mes amis, terminer dans la rue une bouteille parce que le bar fermait. Un peu trop de bruit dans la rue ? Eau, œufs jetés des fenêtres : voilà la réalité de l'accueil nocturne dans le vieux-Nice ! Mon filleul s'est fait agressé trois fois cette année alors qu'il habite sur l'avenue George V ! Deux vols de portable et une agression gratuite. Il est traumatisé, il n'a que quatorze ans. La police ? '"on ne peut rien y faire". Est-ce la réponse à nos impôts locaux, qui ne cessent d'augmenter à Nice ? "
L'ADMINISTRATION
"A Nice, rien ne se passe comme ailleurs. Ambiance laxiste, encore. Souvent, on me dit "on vous rappelle" et bien sûr, jamais de rappel. Dans les administrations niçoises, je décerne le pompon à la caisse d'allocations familiales. J'ai demandé une aide pour entrer dans mon logement. Elle m'a été accordée en échange d'un remboursement étalé. Un remboursement mensuel prélevé sur mon compte. Depuis, j'ai changé de banque. J'ai donc fait parvenir un nouveau RIB à la CAF. Mais ils n'ont jamais encaissé dessus. J'ai donc envoyé un courriel. La réponse, cinglante, de la caisse : "renvoyez un RIB". Une fois envoyé, je constate qu'il y a encore des prélèvements sur mon ancien compte, fermé depuis. Et là, dernièrement, je reçois une lettre où l'on me demande de rembourser l'intégralité du montant qui m'avait été alloué".
LES VÉLOS BLEUS
"L'arnaque ! Lors de l'installation, on se dit c'est génial. A l'époque, il fallait s'inscrire à l'agence de Lignes d'Azur. Une heure d'attente. Au début, que des bugs et maintenant, sur certaines stations, il y a rarement des vélos disponibles ou alors ils sont crevés. N'aurait-on pas pu prendre le modèle de Lyon ou de Paris et éviter "une croûte de plus" ? De toutes façons, faire du sport à Nice sert surtout à se remplir les poumons de gaz carbonique : courir sur une prom' si belle, face à la mer, avec en ambiance générale les gaz d'échappements d'une circulation trop forte. On a eu l'idée de mettre en place le tram sur la promenade. Plus écologique : cela devait permettre de limiter la pollution. Et bien finalement on a abandonné l'idée. Et on continuera de se promener dans le gaz face à des plages de … galets et dans une ville où il n'y a que très peu d'espaces verts !"
REVENIR A NICE ?
"Le cadre est tout de même magnifique et j'y laisse quelques personnes. Alors je verserai certainement une petite larme pour Nice. Je reviendrai dans la région, pendant des vacances. Mais je ne regrette pas de partir".
CE QU'EN PENSENT D'AUTRES NIÇOIS D'ADOPTION
Sur Internet, d'autres "importés" à Nice font part de leur expérience. Chichou raconte : "Je trouve la région superficielle, c'est très dur d'y avoir des amis fiables". Corben indique, lui : "Je suis sur le départ...,et ravi de partir. Nice, c'est comme un sauna : 10 minutes c'est cool, au bout d'une heure, t'en peux plus !".
Enfin Christelle confie avoir "quitté Lille, ma ville natale, il y a 3 ans pour suivre quelqu'un. J'ai habité Nice, puis Mandelieu à côté de Cannes, et maintenant un petit village dans l'arrière-pays varois. La vie dans le sud est assez particulière, la mentalité est très différente des autres régions, pas si facile de s'y faire ! Toutefois les paysages et le soleil radieux aident à l'acclimatation !".
HYPERLIEN
Vivre à Nice, vu par la municipalité Nice.fr
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