Le Privilège, un nouveau resto sur la Croisette
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Créative, pérenne, traditionnelle et exigeante : la mosaïque est le support choisi par une association en plein coeur d'un quartier sensible de l'est de Nice. Sa mission ? Redonner goût au travail à des personnes en complète rupture avec la vie active. Mosaïcités fête aujourd'hui ses six années d'existence.
REMETTRE LES CHÔMEURS AU TRAVAIL
En plein coeur du quartier de l'Ariane sont accueillis des bénéficiaires du RSA, des ex-détenus ou des niçois qui n'ont jamais travaillé. Sous forme de contrat de travail, d'une durée de six mois maximum, les salariés découvrent à l'Atelier, une activité professionnelle et remettent le pied à l'étrier. Le chantier d'insertion de Mosaïcités est un lieu de socialisation où l'on travaille plus sur le savoir-être que sur le savoir-faire. "Nous faisons des recrutements classiques. Nous faisons passer un entretien et nous sélectionnons les candidats qui font preuve d'une réelle volonté", explique Serge Combaud, accompagnateur socio-professionnel de l'association. Sa spécialité ? Remettre des chômeurs sur les rails du travail. L'Atelier apporte un accompagnement bénéfique à leur projet socio-professionnel mais aussi pour leur bien être personnel : "en fin de contrat chez nous, le bilan est positif. Les salariés sont dynamisés, ils ont envie de retrouver un travail, ils sont motivés. Beaucoup se rendent compte que vivre du RSA n'est pas un but en soi, qu'il leur faut sortir de l'assistanat : le chantier d'insertion leur montre que c'est possible", commente Serge. L'activité de mosaïque n'est en fait qu'un support pour travailler sur le projet professionnel de chacun.
L'IMAGE DU QUARTIER A REDORER
Mireille Rodella est encadrante technique d'insertion, elle encadre les huit personnes de l'Atelier et leur fait acquérir les règles de la mosaïque. Dans son coaching au quotidien, elle apprend surtout aux bénéficiaires le savoir-être dans une entreprise. A savoir, arriver à l'heure, respecter ses collègues ou encore apprendre à travailler en équipe. "Nous voyons de supers résultats. En fin de contrat, les gens ne sont plus les mêmes. Au début, pourtant, ils ne se rendent pas compte de la chance offerte par Mosaicités. Au bout de six mois, ils veulent tous rester", explique Mireille Rodella. Reste que l'image du quartier, et l'image du chantier d'insertion pèse parfois sur la suite. "C'est dommage car il y a de belles âmes dans ce quartier", commente Mireille.
France Rieger, à l'origine du projet, le constate aussi : "Nous essayons de réaliser des oeuvres pour des clients privés. On nous déconseille souvent de faire mention de notre statut de chantier d'insertion. Beaucoup de gens ont peur. Ils se disent ouh la la ! je vais avoir des détenus, des gens qui rentrent en prison, des gens malhonnêtes qui viennent chez moi. Les gens qui vont au-delà de cette peur voient que ça se passe très bien. C'est très important pour les ouvriers qu'on leur fasse confiance. C'est un impact qui dure longtemps".
"LE CHANTIER M'A PERMIS DE SORTIR DE PRISON PLUS TÔT"
Frantz, 29 ans, était incarcéré. Grâce à l'appui de l'association et de son agent du service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP), il a pu participer au chantier et mener son projet de réinsertion dans la vie active. "Je suis motivé depuis le départ. Désormais, je peux chercher un travail, je suis libre et peut prospecter comme je veux ", explique-t-il : "Je peux accepter des emplois à des horaires auxquels je ne pouvais pas répondre, car j'étais sous un régime de semi-liberté. Je pense que je vais retrouver rapidement du travail. Le chantier d'insertion c'est vraiment bien. L'association est tolérante, plus que dans une entreprise à mon avis. Et puis, j'ai rencontré l'amour au sein de l'association".
Mohammed, 22 ans, lui était à l'école avant d'enchaîner des petits boulots à droite à gauche : "Le chantier m'a fait reprendre l'habitude de me lever le matin pour aller au travail. Cela m'a permis aussi de connaître des gens et des trucs pour se présenter à un entretien d'embauche : des choses que l'on n'apprend pas à l'école. L'accompagnement est nécessaire quand on est un jeune du quartier de l'Ariane, comme moi. Les accompagnateurs parlent bien de nous et nous donne une image de sérieux et de qualité, c'est très important".
UNE OPPORTUNITÉ QUE LES ÉLUS POURRAIENT SAISIR !
Cet après-midi, une table ronde sur le thème de l’insertion par l’activité économique, en présence d’élus doit avoir lieu avant l'inauguration, ce soir du nouveau local de l'association. Présence de politiciens, alors on brique, on astique, on frotte, on nettoie ! Les ouvriers étaient à pied d'oeuvre ce matin pour que la présentation soit parfaite auprès, entre autres, de la presse. Sont annoncés : Francis Lamy, le préfet des Alpes-maritimes, Eric Ciotti, le président du conseil général et Michel Vauzelle, président de la région. Si les collectivités ont aidé le projet de chantier d'insertion à se mettre en place, notamment en le conventionnant, il reste une opportunité à exploiter selon la fondatrice de Mosaicités. Voici son idée :
140910 - Chantier d'insertion à l'Ariane : oui, il y a une opportunité
HYPERLIEN
Le site de l'association Mosaicités
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